Une semaine en Belgique à la rencontre des producteur·rices
Alors rassurez-vous, malgré mon titre, il n’y a pas encore de cultures de café en Belgique 🇧🇪. Mais au mois de juin dernier, j’ai passé une semaine vers Bruxelles avec plusieurs producteurs et productrices de café, venu·es des quatre coins du monde. L’objectif était de mieux se connaitre, pour collaborer plus facilement à distance le reste de l’année.
Et quoi de mieux que la visite de torréfactions et de coffee shop pour faire du lien entre torréfacteur·rices et producteur·rices de café ?
Retour ci-dessous sous forme de carnet de bord.
1️⃣ Première journée : immersion
Ma première journée avec le groupe est un mardi ! Les personnes présentes se sont déjà retrouvées la veille. Pour ma part, j’essaye de retenir les prénoms de chacun·e, car nous sommes nombreux·ses ! Heureusement, je connais déjà plusieurs personnes, comme Juan Pablo que j’ai rencontré l’an dernier en Colombie, ou Gloria, du Kenya, avec qui je travaille depuis plusieurs années. Il y a aussi Franck, mon contact en Tanzanie ou Gilbert du Rwanda.
En tout, il y a une dizaine de producteur·rices ainsi que toute l’équipe de This Side Up, qui organise la rencontre (cf. photo 👇). Le programme est conçu pour que nous visitions des lieux inspirants chaque jour, mais avec des temps off pour que nous puissions échanger simplement autour d’une frite (nous sommes en Belgique tout de même 🍟).
Ce premier jour, nous visitons une torréfaction qui fonctionne à l’énergie solaire ☀️ ! Contrairement à ma machine (qui fonctionne au gaz), leur torréfacteur est électrique et l’entreprise se fournit exclusivement auprès de fournisseurs d’électricité photovoltaïque. Leur volonté est de réduire les émissions de CO2 liées à la cuisson du café. Ils ont donc inventé une méthode spécifique de torréfaction. Brillant !
Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez aller les visiter ou lire leur site web.
Je prends également le temps d’échanger avec Gloria au sujet de l’agriculture biologique. Je sais qu’elle lance une parcelle de production de café bio, c’est l’occasion d’en savoir plus ! Elle me partage la plus faible productivité de cette nouvelle parcelle, notamment à cause d’une maladie, mais elle trouve aussi de nouveaux débouchés en valorisant les fleurs de café ou la cascara en tisane. L’enjeu que nous avons ensemble est le prix du café vert : qu’il reste intéressant pour elle mais qu’il ne soit pas trop élevé pour que je puisse le commercialiser à mon tour. Suite à notre échange, elle va faire des calculs et revenir vers moi avec une proposition. Affaire à suivre 🌱.
2️⃣ La tournée des bars (de café bien sûr !)
Pour cette seconde journée, nous avons découvert trois modèles de torréfaction et vente de café bien différents.
En premier lieu, nous avons visité un coffee shop faisant partie d’une chaine comportant 16 établissements. Le café vendu est torréfié aux Pays Bas, par un torréfacteur qui produit plus de 250 tonnes de café vert chaque année (par comparaison, j’en torréfie environ 5 tonnes) . C’est un peu l’opposé de Kaffa concernant le volume, mais nous nous retrouvons sur le goût et la qualité du café en tasse.
Ensuite, nous avons bu un expresso chez un torréfacteur artisanal qui dirige 3 coffee shop entre Bruxelles et Louvain. Une taille plus réduite mais une exigence forte concernant le standing des lieux et de la présentation du café.
Et enfin, nous avons déjeuné dans une brasserie qui est également une torréfaction. Le fondateur est passionné de café et propose un lieu agréable où déguster de bons produits (photo 👇). Clairement, j’ai adoré ! Une excellente adresse où bon goût rime aussi avec éthique. Si vous passez par Bruxelles, je vous conseille vivement d’aller découvrir Winok café.
💭 Intéressant de voir qu’à partir du même café vert, les modes de commercialisation peuvent être aussi variés.
3️⃣ Le salon européen du café de spécialité
Ca n’est pas un hasard que nous nous soyons réuni·es à Bruxelles cette semaine. En effet, tout le milieu du café de spécialité se retrouve une fois par an lors du salon international World of coffee. Et cette année, il était en Belgique. L’occasion d’y passer une journée, entre deux visites de torréfactions ☕.
Ce salon est un temps fort pour connaitre les dernières innovations de la filière, mais aussi pour retrouver tous les « maillons » de « la chaine » du café : producteur·trices, importateur·trices, fabricant·es de machines, baristas… J’avais rendez-vous avec Bernard, un producteur avec qui je travaille en direct. Installé sur 3,5 hectares en bordure d’un parc national au Honduras, il travaille en agroforesterie et ses caféiers poussent sous l’ombrage d’autres fruitiers. Une technique écologique très intéressante que nous voulions partager avec Arianova, une productrice du Nicaragua voisin (en photo).
C’est d’ailleurs aussi l’intérêt de cette semaine pour moi : rencontrer d’éventuels nouveaux fournisseurs, comme Arianova, Gilbert (représentant de plusieurs producteurs congolais) ou Tsedenia (venue d’Ethiopie). Ces premiers échanges nous permettent de créer un lien amical, ce qui rend beaucoup plus agréables les multiples échanges que nous avons par la suite.
4️⃣ Un petit air de vacances
Ce matin, nous embarquons dans un bus, direction les Pays-Bas. C’est un peu les vacances : direction la mer !
L’équipe de This Side Up a été assez fine pour ne pas nous proposer un programme trop chargé et nous laisser des temps « libres ». Et c’est ce qui a été le plus bénéfique pour moi : avoir des temps de vacances avec mes partenaires de travail. On a rit, on s’est baignés, on a bu des cafés et on s’est retrouvés à la gendarmerie aussi… (rien de grave, mais ça créé aussi des liens forts).
5️⃣ C’est déjà fini !
Vous l’aurez compris, j’ai passé une excellente semaine 😎. A la fois productive et joyeuse. a m’a fait du bien d’être avec du monde, de travailler un peu en équipe. Même si j’apprécie de travailler seul au quotidien, j’ai aussi aimé la joie d’être en groupe et les multiples idées qui naissent des échanges à plusieurs.
Pour ce dernier jour, nous avons dégusté des cafés torréfiés de différentes manières. L’objectif était de montrer qu’un bon ou un mauvais café n’est pas seulement lié à sa production, mais aussi à sa torréfaction et à son extraction.
Tout ne repose pas sur les producteur·trices, et c’est heureux.
Une belle clôture de la semaine, qui montre que chaque étape est importante pour obtenir une tasse de qualité 🤎.