Transparence financière sur l’année 2025

27 Mai 2026 | Fonctionnement de Kaffa

Pour la troisième année consécutive, je vous partage les résultats financiers de Kaffa Roastery, ainsi que quelques explications sur mon fonctionnement interne. Après vous avoir détaillé les pratiques agriculturales des producteurs et productrices, à mon tour de vous parler de mes pratiques professionnelles.

Le format choisi pour cette présentation est une infographie qui présente les chiffres et ordres de grandeurs, ainsi que des notes complémentaires pour vous expliquer comment j’interprète les choses.

 

1 – Comment se porte et évolue mon chiffre d’affaires (CA) ?

évolution du CA

Pour la première année depuis le lancement de Kaffa (en 2018), mon chiffre d’affaires n’est pas en hausse cette année. Cela ne m’inquiète pas particulièrement. Notamment parce que le CA de l’année dernière était élevé suite à une vente exceptionnelle : celle de mon ancien torréfacteur (qui représente une entrée financière de 13 000€). Si l’on regarde l’évolution des choses depuis le début, sans tenir compte de l’exception de l’an dernier, c’est beaucoup plus rassurant. Et de manière générale, je ne cherche pas la croissance à tout prix. La quantité de production atteinte aujourd’hui me permet de vivre très correctement et je n’ai pas le besoin d’avoir davantage. Si mon CA et mon bénéfice se stabilisent les prochaines années, cela me convient très bien.

En outre, vous pouvez voir sur le graphique la part de revenu (bénéfice) que je touche annuellement. Certaines années étaient plus « justes » que d’autres, particulièrement l’année 2023 lors de laquelle j’ai eu une salariée. Cette année, je retrouve un bénéfice très correct, qui me convient tout à fait.

 

2 – Qu’est-ce que je vends ?

évolution du CA

Sur ce schéma, vous pouvez voir la variété de ce que je vends et leur proportion dans mon chiffre d’affaires. Cette année, les choses ont bien évolué par rapport à 2024 :
– j’ai vendu davantage de café torréfié
– mais j’ai moins loué mon torréfacteur à d’autres professionnels,
– et moins vendu de machines à café.
– la vente aux particulier·es est restée stable.

Ce résultat est en grande partie un choix : celui de me concentrer sur la torréfaction davantage que sur les autres « prestations » que je propose. Pour la location de ma machine par exemple, je ne cherche jamais de clientèle. Si des torréfacteurs ou torréfactrices souhaitent  l’utiliser, j’ai un cadre à leur proposer. Mais si personne ne m’en fait la demande, je ne cherche pas à développer ce service.
Au sujet de la vente de machines à café à mes client·es professionnel·les, j’ai décidé cette année de leur conseiller davantage l’achat de matériel d’occasion. C’est à la fois écologique et économique, ce qui me paraît éthique. La conséquence est une baisse des ventes pour moi, ce qui est compensé par une augmentation des ventes de cafés torréfiés.

En effet, j’ai accueilli une douzaine de nouveaux client·es cette année, et les ventes de plusieurs d’entre elles et eux augmentent, ce qui impacte positivement mes ventes de café torréfié. Et ça tombe bien, puisque c’est mon cœur de métier 🤎 !

Côté particulier·es, je maintiens une permanence hebdomadaire pour vendre du café en direct. De ce côté-là, les ventes sont stables entre 2024 et 2025. J’ai conscience que le créneau horaire est assez réduit pour venir acheter le café en direct, mais je ne souhaite pas aller vers un format de boutique de café. Rencontrer les amateurs et amatrices locales* est un plaisir pour moi, mais j’ai besoin de garder suffisamment de temps pour répondre aux demandes de ma clientèle professionnelle (qui est la plus grosse partie de mon CA, et donc celle qui me fait vivre).

 

*ce n’est pas une faute de grammaire ici, mais je choix de pratiquer l’accord de voisinage, qui est une vieille règle de la langue française. « Locales » est accordée avec le dernier nom de la liste, c’est à dire ici « amatrices »

 

3 – Comment est composée ma clientèle professionnelle ?

évolution du CA

Savez-vous qui à qui je vends du café ?
S’il est logique que mes principaux client·es soient des coffee shop ou des restaurants, ils ne représentent « que » deux tiers de ma clientèle. Je travaille également beaucoup avec des bureaux et espaces de coworking, où les chacun·e aime boire un bon café pendant sa journée de travail. J’ai aussi deux client·es qui pratiquent la revente sur les marchés, et c’est une activité qui se porte très bien ! Le graphique ne représente pas (encore) la quantité de café vendue par type de clientèle. Mais proportionnellement, les ventes sur les marchés représentent une part importante du volume de café que je torréfie. Si vous souhaitez vous reconvertir et que vous aimez la vente et le café, c’est peut être une piste… 😊

 

4 – Comment les prix ont évolué depuis l’année dernière ?

évolution du CA

La tendance est à la hausse cette année. Sans grande surprise, vu l’augmentation des prix du transport et la hausse de la demande mondiale. Dans mon cas, les prix sont discutés chaque année avec les producteurs et productrices. Puisque le prix de vente du café vert sur le marché mondial était élevé en 2025, les producteurs et productrices ont souhaité être davantage rémunéré·es. En effet, le café de spécialité demande une production d’excellente qualité, donc plus de travail dans les plantations. Si nous n’augmentions pas leur rémunération, les producteurs et productrices allaient vendre leur café sans effort sur le marché mondial, tout en passant moins de temps dans les champs. Nous avons donc du suivre la hausse générale, même si le café de spécialité n’est pas côté en bourse.

Ceci dit, la hausse des prix des cafés que je propose reste très contenue. En moyenne, l’augmentation est d’un euro par kilo (avec certains cafés qui augmentent davantage et d’autres qui restent stables). Cette faible augmentation est liée au fait que je n’ai pas fait évoluer ma marge sur le prix de vente (fixée à 13€/kg). J’ai décidé depuis plusieurs années d’avoir une marge fixe, et non proportionnelle au prix d’achat. J’ai fait ce choix pour avoir une rémunération qui me semble juste par rapport au travail fournit. En effet, torréfier un kilo de café prend toujours le même temps, quelque soit le prix d’achat du café vert 😉.

De fait, malgré l’augmentation du prix du café vert, le prix de vente de café torréfié n’a pas trop augmenté en 2025.

 

5 – D’ou viennent les cafés que je torréfie ?

évolution du CA

Ce dernier schéma présente la proportion de café que je torréfie en fonction du pays d’origine et des pratiques agro-écologiques en place sur les parcelles (cf. précédent article à ce sujet).

En 2025, j’ai importé du café depuis 12 pays différents. Le café du Pérou est mon best-seller, il représente 26 % de mes ventes. Et c’est une bonne nouvelle puisque les pratiques environnementales de la ferme sont excellentes ! Viennent ensuite le Burundi, l’Indonésie, le Rwanda et le Brésil, qui forment une grosse part de mes cafés. A elles cinq, ces origines représentent plus de deux tiers de mes ventes.

Les sept autres origines que je torréfie constituent des volumes plus modestes, mais me permettent de proposer d’autres saveurs et de soutenir une variété de pratiques culturales intéressantes (par exemple au Honduras, où le producteur fait de gros efforts en faveur de la biodiversité, ou en Birmanie où la problématique est de valoriser la culture de café plutôt que de celle de l’opium). Et je sais que mes client·es sont toujours enthousiastes à l’idée de goûter de nouvelles origines, alors c’est avec plaisir que je continue à travailler avec des origines variées, même s’il ne s’agit que de petits volumes !

J’espère que ces informations vous éclairent sur mes pratiques et vous confortent dans le fait de travailler ensemble 👍
N’hésitez pas à me faire part de ce qui vous intéresserait de connaître, que je pense à l’intégrer au rapport de l’année prochaine !

J
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